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Ludovic Giuly : « À l’OL, j’étais comme un enfant qui jouait dans son jardin »

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Formé à l’OL, Ludovic Giuly est aujourd’hui ambassadeur de l’AS Monaco, un club qu’il a marqué à tout jamais. À l’aube du choc entre Lyonnais et Monégasques, celui que l’on surnommait le « lutin » du côté de Gerland évoque pour OLWEB les souvenirs de ses années olympiennes.

Ludovic, en quoi consiste votre rôle d’ambassadeur pour l’AS Monaco ? 

Mon rôle c’est de représenter l’ASM pour toutes sortes d’occasions. J’accompagne l’équipe et le président les soirs de matches de Ligue des Champions ou de championnat à Louis II, lors des repas avec ses homologues. J’assiste aussi aux rencontres de Youth League, je fais du relationnel avec les entreprises et les sponsors du club. Le club m’a proposé ce poste. C’est une grande fierté. Ça montre que le club n’oublie pas les anciens. Je pense avoir marqué l’AS Monaco lors de mon passage, en y gagnant beaucoup de titres et je suis assez fier de ça. Je suis très heureux de pouvoir représenter le club et de revenir aux sources. 

Un poste d’ambassadeur à l’OL aurait-il pu vous intéresser ? 

Oui, à l’époque, quand j’étais revenu vivre sur Lyon, ça aurait pu m’intéresser. Maintenant, je ne me pose même plus la question. Il n’y a jamais eu de contact avec l’OL à ce propos. Les jeunes de ma génération et moi, nous avons fait des choses pour le club dont les gens ne se souviennent pas forcément. C’est normal vu tout ce que le club a connu par la suite, avec son apogée lors des années 2000. Ce n’est pas grave, je n’ai pas besoin de reconnaissance. Je sais ce que j’ai apporté au club, ce que je lui ai donné. J’étais très heureux à l’OL, je ne regrette rien et je ne suis pas rancunier. 
Giuly OL

Que représentent l’OL et l’ASM pour vous ? 

L’OL, c’est mon club formateur. Tout a commencé là-bas. Mais Monaco m’a appris à grandir. J’ai mûri là-bas, j’ai compris ce qu’était le haut niveau en jouant régulièrement la Coupe d’Europe. J’ai également eu un coach comme Didier Deschamps qui nous a inculqué la culture de la gagne. À Lyon, j’étais un enfant qui jouait dans son jardin et j’étais loin de cette volonté de remporter des trophées. 

Est-ce que vous gardez le souvenir particulier d’un match entre l’OL et l’ASM ? 

J’en ai plusieurs. J’ai aimé le 3-3 à Gerland (ndlr championnat, saison 1996-97) où Gava, Cocard et moi marquons. Je me souviens que je mets un but sur une reprise de volée. Avec Monaco, je me souviens du but que je mets à Greg Coupet sur une passe en profondeur de Marcelo Gallardo. On gagne 3-1 à Gerland (ndlr championnat, saison 2003-04). Il y a évidemment cette finale de Coupe de la Ligue perdue face à Metz avec l’OL (ndlr en 1996). On en reparle avec Robert Pirès, qui est un très bon ami à moi et qui évoluait à Metz à l’époque : je m’étais énervé, j’avais essayé d’arrêter la chenille qu’ils avaient formé après le coup de sifflet final pour célébrer leur victoire. J’étais hors de moi mais on en rigole aujourd’hui. Puis, j’en ai perdu une autre : avec Monaco face à l’OL (ndlr en 2001), une défaite cruelle en prolongations. 
Bravo Giuly

Que pensez-vous de l’OL et de l’ASM actuels, deux cadors de Ligue 1 Conforama qui ont subi de gros changements au cours de l’intersaison ? 

En France, les clubs sont presque obligés de vendre leurs pépites, surtout au regard des sommes proposés. Quand on voit 180M€ pour Mbappé… ça devient du grand n’importe quoi. L’ASM a changé sont fusil d’épaule depuis quelques années et fait du bon recrutement en ciblant des jeunes joueurs. C’est dommage de souvent perdre de grands joueurs à chaque ligne mais le club essaye de les remplacer au mieux. C’est la ligne de conduite. À l’OL, il y a vraiment un très bon centre de formation et le club mise dessus. Mais il faut savoir revoir les ambitions à la baisse pour pouvoir grandir. De nouveaux joueurs sont arrivés, certains méconnus, et il leur faut un temps d’adaptation. Bruno (Genesio) fait un super travail mais il faut lui laisser le temps. 

Quel regard portez-vous sur le début de saison de ces deux clubs ? 

Monaco est bien, dans les clous. On est satisfait du début de saison en championnat. Lyon, c’est mitigé. L’OL joue bien mais manque d’expérience sur certains matches. À Lyon, il y a le potentiel pour marquer énormément de buts mais le gros problème de l’OL c’est sa défense. Bruno fait du super boulot au niveau du jeu, l’équipe se crée des occasions mais il faut gommer ces petites erreurs. L’OL n’a pas vraiment de mauvais résultats, le bilan n’est pas loin d’être bon. C’est toujours compliqué à Lyon, il y a beaucoup de pression. Mais il faut calmer le jeu, en ce qui concerne Bruno. C’est un mec du club, il connaît par cœur ses joueurs, il faut lui laisser du temps.


L'autre partie de l'interview de Ludovic Giuly est à retrouver dans La Tribune, vendredi 13 octobre, ou en cliquant ici

Publié le 12 octobre 2017 à 17:10:00 par YM

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