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« Jamais un match banal »

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Josip Skoblar a été un immense buteur sous les couleurs phocéennes… Retour sur les confrontations de son époque avec l’OL… le regard sur son poste d’attaquant… et sur l’actualité des deux clubs…

Ceux qui ont eu le plaisir de le voir jouer ne peuvent effacer de leur mémoire les qualités exceptionnelles de ce grand buteur. « L’aigle des Dalmates », son surnom, un véritable diable qui surgissait souvent au bon moment pour marquer du pied droit, du pied gauche, de la tête… aux côtés de Joseph…  ou encore du phénoménal dribbleur suédois Roger Magnusson.  178 buts en 194 matchs avec l’OM en un peu plus de 6 saisons (prêté en 1966-67 avant d’être transféré en 1969 et de jouer jusqu’en 75). 44 buts en championnat en 36 matchs en 1970-71, un record toujours d’actualité. Il a travaillé aussi pour l’OM (recruteur). Il est le meilleur buteur des confrontations entre Olympiens avec 13 buts Gerland (1 triplé et 2 doublés) dont 8 à Gerland. L’OM n’a jamais perdu quand il a marqué (4 succès et 3 nuls).  Il devance Bernard Lacombe (12 buts), Fleury Di Nallo (11 buts), Jean-Pierre Papin 8… Anderson 6,  Juninho 6… Josip est dans la grande histoire de l’OM. Aujourd’hui, il se  contente de regarder les matchs en supporter mais avec son regard acéré de spécialiste.

 Josip que vous inspirez ou vous inspire toujours ces confrontations ?
« Un gros match. C’était toujours spécial. L’OL avait une belle équipe et nous, on n’était pas mal (rire). Cela donnait de belles rencontres dans une ambiance toujours magnifique. A mon époque, il y avait de nombreux supporters marseillais qui faisaient le déplacement à Gerland ; 2 000 pour un match. Oui, c’était toujours intéressant avec du suspense. C’était des matchs compliqués à gagner. En face, il y avait Fleury (Di Nallo), Bernard (Lacombe), Chiesa,  Domenech, Baeza, Chauveau, Mihajlovic… Moi, Gerland me réussissait plutôt bien, mais au Vélodrome, ce n’était pas mal… Ces matchs, tu étais vraiment motivé pour les jouer. Jamais, ce n’était, et ce n’est pas, un match banal. L’OM avait de plus grandes individualités, des joueurs plus matures que l’OL. On jouait pour gagner… Après les dirigeants de l’OM ont laissé partir des joueurs comme Loubet, Novi… au lieu de se renforcer. C’était une erreur. On s’est affaibli… On jouait aussi à cette époque la Ligue des Champions, la vraie beaucoup plus compliquée que celle actuelle devenue une Ligue commerciale  sous forme de championnat au début.  Bon, il faut que les choses avancent… ».

Vous souvenez-vous de votre expulsion en 1/de finale retour de la Coupe de France à Gerland (18 avril 1973 ; défaite  4 à 0 après avoir remporté le match aller 1 à 0) ?
«Ah oui. J’avais été tellement provoqué par Raymond Domenech, un défenseur très rude, très dur que je respecte beaucoup… Je l’avais frappé au visage. Sur le coup, tu ne réalises pas. Les supporters avaient dit bravo. Mais après… tu as conscience de ce que tu as fait. C’était une faute professionnelle. J’avais été suspendu 5 matchs… On avait perdu le titre de champion de France alors que l’on était en tête du classement à 6 journées de la fin… »

Un mot sur Bernard Lacombe ?
« Cela a été un grand buteur ; un grand joueur en clubs et avec la sélection. A cette époque, il débutait et moi j’étais plus sur la fin de ma carrière. Il jouait avec de grands joueurs comme Chiesa, Fleury (Di Nallo). Il y a de l’amitié entre nous».

Saviez-vous que vous étiez le meilleur buteur de ces confrontations ?
« Non. Je sais que j’ai marqué beaucoup de buts. Je devance Bernard (Lacombe) ? Il était toujours derrière (rire)... » 

Comment définiriez-vous un grand buteur ?
« C’est le joueur qui fait gagner les matchs. Certes le football est un sport collectif et le buteur a besoin de ses partenaires. Mais le buteur doit se trouver là où il doit être, toujours au bon moment. La dernière passe, d’accord, mais le buteur a choisi la position. Il y a quelque chose d’inné.  Il faut savoir se libérer du marquage, être armé techniquement. Il faut avoir un bon jeu de tête, frapper des deux pieds, couper les trajectoires, gagner les duels avec les défenseurs, avec le gardien…  Il y a le talent, mais tu dois beaucoup travailler à l’entraînement. Je restais après la séance collective…  Jean-Pierre Papin le faisait aussi. Tu ne dois pas rater une occasion de but quand elle se présente. Oui, ne pas la rater. Je préférais inscrire un but quand l’occasion se présentait que de marquer un but impossible. Est-ce-que il y a de jolis buts et d’autres vilains ? Un but, c’est un but. Ils sont tous beaux à partir du moment où ils entrent dans le filet ».

Quels sont les grands buteurs actuels pour vous ?
« Messi, Cristiano Ronaldo. Et ils jouent dans un championnat très compliqué. Il y a aussi Lewandowski…  Il faut dire la vérité, être objectif : la L1 s’est affaiblie. La L1 arrive derrière les championnats d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne… On ne peut pas comparer…  Et même si j’ai beaucoup de respect  pour le foot français, son championnat ne se situe pas au même niveau ».

 Votre regard sur l’OL actuel ?
« C’est une équipe jeune qui se forme. C’est différent de celle que l’on a connue il y a quelques saisons. L’OL était habitué aux titres, à la Ligue des Champions. Forcément, c’est une période compliquée. Il faut vivre avec cela. J’ai beaucoup de respect pour Monsieur Aulas. Vous savez, le plus difficile, c’est de toujours gagner. Il faut avoir pour le faire une équipe compétitive et habituée à la victoire. C’est bien que l’OL se soit qualifié en Ligue Europa ».

Et l’OM ?
«Récemment, on a réussi à gagner des titres avec Didier Deschamps…   Mais ce match face à l’OL, il ne tombe pas au bon moment pour les raisons que vous imaginez. Il arrive dans une série de matches après notamment le rendez-vous en Ligue des Champions contre le Borussia. Il y a eu cette rencontre à Lille que l’on a perdue et pendant laquelle Valbuena s’est blessé...Il fallait remporter les duels avec le gardien…  Dire que l’on joue bien, c’est une chose. Mais le bon match, c’est quand tu gagnes. Avec la victoire à trois points, tout va très vite. Une rencontre entre l’OL et l’OM, c’est toujours intense. Oui, ce n’est jamais un match banal ».


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    Publié le 15 décembre 2013 à 08:00:00 par R.B

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